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La Taxidermie

 
 

 

 

 

 

 

 

La Taxidermie est une technique relativement récente, si l'on s'en tient à une définition stricte du terme.
Certes, les hommes préhistoriques ont très tôt apprivoisé les rudiments du tannage pour pouvoir s'habiller des peaux et des fourrures récupérées de la chasse, les égyptiens ont mis au point l'embaumement et la
momification, mais il semble que le souci de garder l'aspect réel et exact du corps avant sa mort restait des plus secondaires.
Les premières tentatives de taxidermies ont été réalisées vers 1750 et les résultats furent le champ d'expérimentations jusqu'à la fin du XIXe siècle. Depuis, les principales techniques évoluent peu à peu, si ce n'est dans les matériaux utilisés et les solutions chimiques conservant les peaux et la matière organique en général.
Actuellement, la taxidermie est avant tout précise, scientifique et réaliste. L'animal doit paraître vivant et conserver toutes ses caractéristiques naturelles dans le moindre détail. Le poids allégé et la solidité renforcée de chaque pièce sont également deux domaines en constante progression, tout comme la réalisation des organes extérieurs irrécupérables tels que les yeux, la langue etc...
En somme, la taxidermie est devenue un artisanat pointilleux au service de la science et de l'esthétisme

Les outils du taxidermiste
Les outils sont nombreux et jouent un rôle prépondérant dans la réalisation d'une taxidermie complète.
Il en existe deux sortes :les outils de dépouillage servant à séparer la peau de l'animal du reste de son corps. Ils ressemblent aux instruments de chirurgie, fins, précis et nécessitant un entretient méthodique : pincettes, scalpels, ciseaux, scies chirurgicales et couteaux de tailles différentes deviendront indispensables au dépeçage.
les outils de montage s'apparentent plutôt à ceux utilisés dans le bricolage domestique tels que les pinces et les tenailles, les maillets et les marteaux, les épingles, les tournevis, les limes etc...
On ajoute à cela quelques bobines de fil de fer de divers diamètres et la trousse est quasiment complète.
En fait, pratiquement tous les outils trouvent une quelconque utilité dans un atelier de taxidermie, de même que les gros outillages (perceuse, presses, râpes mécaniques, toupies de menuisier...) y ont également leur place. L'outil est donc tout sauf facultatif : certainement l'assistant le plus important du Taxidermiste.

Le dépouillage

Le dépouillage est la première étape dans le traitement d'un animal destiné à la taxidermie.
Elle consiste à prélever le maximum de chair ainsi qu'une partie ou la totalité du squelette (il arrive qu'on laisse le crâne et certains os des membre, en particulier chez les oiseaux). C'est une opération qui nécessite de l'adresse et du savoir - faire. Le corps de l'animal est fendu selon des incisions précises, généralement situées sous le ventre et derrière les pattes.
Il s'agit ensuite de décoller soigneusement la peau en évitant de la déchirer puis d'extirper la viande en sectionnant les dernières liaisons au niveau des pieds et de la tête. Les os utilisés sont débarrassés des restes comme les yeux, la matière cérébrale etc...
La moindre parcelle de chair laissée sur l'animal serait le repaire privilégié des insectes et des moisissures susceptibles de détruire la pièce terminée, ce fléau pouvant par la suite s'étendre à toute une collection ! Une fois l'enveloppe séparée du corps, on gratte la peau pour lui enlever la graisse fixée, les résidus musculaires et les derniers lambeaux de chair. La peau est alors prête à être traitée.

Le tannage
La peau n'est pas invulnérable aux dégâts provoqués par les insectes et les moisissures, il faut également la ramollir et l'assouplir pour pouvoir la monter sur le mannequin.
Pour cela, on utilise des bains de produits chimiques dans lesquels la peau reposera quelques temps pour s'imprégner des substances traitantes. Un mauvais tannage rend les peaux cornées, c'est à dire qu'elles deviennent translucides comme du parchemin, perdent de l'épaisseur, deviennent raides et cassantes comme du carton.
Le trempage ( dans de l'eau pure ) débarrasse les peaux fraîches du sang coagulé et le reverdissage ( bain d'eau pure également ) s'applique aux peaux qui ont perdu leur souplesse en séchant.
Le picklage fait gonfler le cuir pour qu'il absorbe la liqueur tannante dans des conditions optimums ( mélange d'eau, de sel de cuisine et d'acide sulfurique ).
Enfin, le tannage est un bain d'eau, de tanin synthétique ou organométallique o et de sel du cuisine qui soude les fibres gélatineuse de la peau et les rend imputrescibles. Ensuite on neutralise le tannage pour que la peau ne se détonne pas, on la rince abondamment, on la sèche et on la nourrit de matières grasses animales spéciales au rôle assouplissant.
Le tannage est terminé

 Le mannequin
Toute taxidermie est soutenue par un mannequin qui remplace le volume de la chair et des muscles.
L'ancienne méthode consiste à découper dans une planche de bois, la silhouette profilée de l'animal et de la gonfler avec de la toile métallique, qui correspondra globalement aux formes initiales du corps travaillé.
La masse approximativement dessinée, on précise le mannequin à l'aide d'étoupe trempée dans du plâtre qui, après avoir séché, sera enduit d'huile de lin pour que la peau glisse au montage.
Les petits mammifères et les oiseaux observent le même principe si ce n'est que les structures principales (colonnes vertébrales...) sont remplacées par du fil de fer entouré par de la fibre de bois.
Ces procédés sont longs à réaliser aussi, beaucoup de taxidermistes utilisent maintenant des mannequins produits en série, dans des mousses ou des résines légères et solides, faciles à modifier et à réajuster selon les mensurations de l'animal naturalisé.
Cette dernière solution est bien sûr beaucoup plus coûteuse. Il existe maintenant des gammes variées (dans les espèces, les tailles et les attitudes) de ces mannequins et ils s'adaptent pratiquement à toutes les positions envisageables. Les nouvelles techniques gagnent donc de plus en plus de terrain.

Le montage

Il ne reste plus qu'à couvrir le mannequin avec la peau préparée et la tirer pour qu'elle épouse parfaitement les formes de l'animal, en éliminant les plis indésirables et les éventuels décalages.
Il est très rare qu'un cuir ne pose aucun problème au montage et le Taxidermiste doit fréquemment retailler légèrement la peau ou modifier au dernier moment le mannequin. On fixe aussi - à l'aide d'argile - les yeux, sélectionnés selon l'espèce, la taille et la couleur initiale des yeux, et on s'occupe de recréer l'intérieur de la bouche si celle-est ouverte.
On coud ensuite la peau pour la refermer en évitant d'emprisonner des poils ou des plumes sous le fil. L'animal est séché (pendant plusieurs jours), le pelage ou le plumage est lissé et les dernières retouches sont apportées (reteintes des peaux nues, décolorées etc...).
La taxidermie est fin prête à être exposée.

 Le moulage
Les poissons et les reptiles sont des animaux difficiles à naturaliser et se conservent assez mal sur de très longues périodes. Pour des questions de praticité, certains Taxidermistes préfèrent utiliser la technique du moulage.
Il s'agit tout simplement de façonner un moule à partir de l'animal réel grâce à des plastiques souples qui marquent le moindre détail du corps. Ce moule est habituellement renforcé d'une coque en résine dure qui facilite les tirages et sa manipulation. Le moule est rempli de plâtre ou de résine qui, une fois démoulé, aura, avec une très grande précision, la forme de l'animal. Le moulage intervient également dans la reproduction de groins et de museaux, de langues, de mâchoires ou de pattes et de becs d'oiseaux.
Bien sûr, les résines utilisées coûtes relativement chères et ne sont donc pas à la portée de tous les Taxidermistes.
C'est pourquoi les petits artisans se réfèrent davantage aux anciennes méthodes et se résignent à conserver le maximum sur chaque animal.
Les techniques modernes permettent au moulage d'être extrêmement réalistes et précis, de réutiliser les moules plusieurs fois et d'obtenir des pièces solides